Note de A. HELUWAERT sur :

La prévention des otites externes chez les pratiquants de l'eau vive et du Wave-ski.

Rappel physiologique

Les cellules du conduit auditif migrent vers le méat de l'oreille entre 6 et 12 semaines et ne desquament pas : nettoyer le conduit est par conséquent inutile : le nettoyage par coton-tige entrave la migration de la peau et provoque l'accumulation de cérumen, cause d'otite externe.

Principes

Cette prévention, bien connue des médecins qui surveillent les plongeurs (1) repose sur trois principes :

- Le conduit auditif externe est protégé par un enduit, le cérumen qu'il faut respecter en proscrivant l'usage du coton-tige, « le pire ennemi de l'oreille », ainsi que l'utilisation de solutions antiseptiques, détergentes et potentiellement irritantes.

- La persistance d'eau dans le conduit, qui s'y infiltre malgré casque et cagoule, notamment lors de l'esquimautage, est le facteur déclenchant par macération plus que par pollution. Il est possible d'évacuer cette eau en fin de séance en s'allongeant sur le dos, tête défléchie, pendant quelques minutes et éventuellement en utilisant le souffle chaud d'un sèche cheveux placé à une quinzaine de centimètres de l'oreille (il existe des modèles à brancher sur l'allume-cigare de la voiture).

- Le troisième point repose sur le traitement adapté des épisodes infectieux en s'aidant d'un prélèvement bactériologique et mycologique pratiqué en laboratoire.

Moralité

Avant d'accuser la pollution lors d'une otite externe récidivante, soupçonnez d'abord le coton-tige et les traitements approximatifs voire aggravants.

 

1) SCARLI RJ. Pongée sous-marine et otites externes à répétition. Concours Med. 1998 ; 120-30 : p 2072.